Joséphine de Beauharnais - Grande figure historique originaire de Martinique

 

JOSEPHINE DE BEAUHARNAIS - GRANDE FIGURE HISTORIQUE ORIGINAIRE DE MARTINIQUE

 

 

Joséphine de Beauharnais (1763-1864) fait partie des grandes figures historiques originaires de Martinique, autant aimée que controversée pour sa destinée tragique et les symboles contrastés qu'elle représente. Europcar vous invite à suivre les traces de ce personnage emblématique au volant de votre véhicule de location.

 

JOSEPHINE DE BEAUHARNAIS – Son histoire. 

De son vrai nom Marie-Josèphe de Tascher de la Pagerie, Joséphine de Beauharnais est née en 1763 aux Trois Îlets en Martinique (bien que une étude très récente : mai 2014, de l'historienne Suzannah England Ancey, nous annonce qu'en réalité elle serait née à Sainte Lucie, une île avoisinant la Martinique), dans une famille de riches colons martiniquais exploitant la canne à sucre.

Elle vit jusqu'à l'âge de 16 ans dans la plantation familiale, le domaine de la Pagerie (qui existe toujours aujourd'hui), puis elle part à Paris. Elle y épouse le fils d'un baron et marquis en 1779, Alexandre de Beauharnais,  à la place de sa sœur, morte subitement, avec lequel elle a 2 enfants. Le couple rencontre des problèmes, Alexandre dilapide sa fortune et multiplie les conquêtes, ils se séparent en 1785.

En 1788 elle retourne en Martinique voir si elle peut améliorer sa situation qui reste préoccupante, pendant ce séjour, elle aurait donné naissance à une fille naturelle, de ses relations avec un esclave noir, (naissance gardée secrète).

La révolution qui éclate en 1789 et qui touche l'île en 1790, l'incite à la faire regagner Paris où malgré tout elle sera emprisonnée sous la Terreur, bien que rapidement libérée. Le Vicomte Alexandre, son mari, lui, est guillotiné en 1794.

A sa sortie de prison, veuve et pauvre, très éprouvée par son incarcération, elle surmonte l'adversité et  parvient à s'introduire dans les salons parisiens à la mode et devient maîtresse de Barras, avant de rencontrer Napoléon Bonaparte en 1795 qui l'épouse un an plus tard.  Il adopte même ses 2 enfants, nés de son premier mariage. Elle le suit dans son ascension politique rapide lorsqu’il est nommé général en chef de l'armée d'Italie, avant d'être projetée sur le devant de la scène après le coup d'état du 18 brumaire.

Après la période de consulat, Napoléon l'associe à son élévation et la couronne impératrice des français  en 1804,  elle partage le trône avec lui pendant 5 ans.

Leur vie de couple est tumultueuse, et ne pouvant lui donner d'héritier, l'impératrice doit se résoudre à accepter en 1809 le divorce. Cette séparation, au nom de la raison d’état, qui a pour conséquence l'insertion du divorce dans le code civil français, coûte réellement aux 2 époux, mais elle conserve son rang son titre d'impératrice,  Napoléon lui cède l’Élysée, le Château de Navarre,  et le Château de Mal Maison, avec son domaine de 800 hectares. Elle s'y retirera  jusqu'à sa mort. Le  29 mai  1814  due à une angine infectieuse, peu après la chute de l'empire.

       
   
 


     Couronnement de L'Impératrice                          Divorce de Napoléon et Joséphine      

SUR LES TRACES DE L'IMPÉRATRICE

Pour mieux comprendre son histoire, vous pourriez découvrir  le site de «  la Pagerie », où  un petit musée lui est dédié.

En voiture de location, à la sortie des Trois Îlets, bourgade au sud de la baie de Fort de France, concentrée autour d'une église en bois, bifurquez vers les mornes ; après un kilomètre, garez votre voiture de location au parking, le long d'une  rivière ombragée. Là, vous entrez dans l'ancien  domaine de la Pagerie. Vous pourrez jouir de la beauté sauvage du site qui domine la mer des Caribes et qui nous plonge sans détours dans l'histoire de France.

Au milieu des ruines, le musée qui au sein de ce jardin fleuri relate l'enfance de la jolie créole, surnommée « Yeyette ». Crée par Robert Rose Rosette, maire des Trois Îlets, qui   fit l'acquisition du Domaine en 1944, il devient musée départemental en 1984.

 
 


 

 

       
   
 


    Domaine de la Pagerie                                   Le Domaine surplombant les Caraïbes

Les parents de Joséphine possédaient des terres,  un moulin  et une sucrerie : LA PAGERIE.  A  sa naissance on cultive la canne à sucre pour alimenter la gigantesque demande en sucre provenant de métropole et d'Europe, mais aussi de l'indigo, du café, du cacao, Joséphine passe son enfance ici.  Cela va lui donner un accent créole très particulier et un goût pour les jardins et la botanique qui ne la quitteront pas.

Le surnom donné à l’époque au domaine est « La Petite Guinée » en ces temps d'esclavage, le domaine de plus de 500 hectares est entretenu par plus de 250 esclaves, installés, dans de simples cases dont on ne trouve plus trace aujourd'hui.

De la sucrerie, il ne reste de cet ensemble  que des vestiges, envahis par des fromagers, des lianes et des mousses. Où l'on devine une cheminée et les fours,  un moulin qui a été rénové.

       
   
 


 Les ruines de la Sucrerie                                     vestiges du soubassement et moulin restauré

L'habitation qui abrita la famille, n'existe plus disparue lors du cyclone de 1766. Seuls des soubassements indiquent les limites du bâtiment. Seule la cuisine  a  résisté, à l'intérieur d'une maisonnette aux tuiles roses vous pouvez découvrir la petite exposition sur Joséphine. Des objets, des portraits, des lettres, ses meubles d'enfance.    

       
   
 


       Maisonnette                                            Intérieur de la Maisonnette 

Pour clôturer votre visite  le jardin vous réserve encore de multiples surpris avec sa statue, ses flamboyants et ses arbres majestueux.

       
   
 


      La statue                                                               Le jardin....

Il  reflète bien le goût prononcé de Joséphine pour la botanique, qui fit venir en métropole de nombreuses plantes tropicales pour fleurir ses jardins, car elle ne vint plus en Martinique après 1790.  

La découverte de ce lieu historique se termine et  vous récupérez votre voiture de location sans appréhension car restée à l'ombre, pour continuer votre journée et si vous  passez par FDF, une statue représentant cette femme hors du commun attirera votre attention.

 Durant votre séjour sur l’île, sans doute serez-vous tenté de vous baigner dans des endroits insolites et peut-être aurez-vous entendu parler de la Baignoire de Joséphine située dans la baie du François. Ne vous y trompez pas ! Ce bassin n’a aucun lien avec Joséphine de Beauharnais. Il s’agit en fait d’un point d’eau réputé pour sa couleur et sa faune marine avoisinante qui tient son nom du bateau d’un Martiniquais qui avait pour habitude d’y draguer du sable.

 

JOSEPHINE RESPONSABLE DU RETABLISSEMENT DE L'ESCLAVAGE EN MARTINIQUE ? 

 

 A la Martinique le souvenir de Joséphine reste partagé entre la fierté d'avoir donné à la France une grande figure féminine et la honte d'une femme que la rumeur disait de mœurs dépravées. Mais on dit lui reprocher surtout l'influence qu'elle aurait eu sur Napoléon au moment de rétablir l’esclavage, elle lui aurait rappelé la prospérité des colonies sous l'ancien régime, défendant ainsi les intérêts de sa propre famille. En 1802 fut abrogé l'abolition de 1794  aux Antilles Françaises et de sanglantes répressions s'ensuivirent à ST Domingue et en Guadeloupe.

Votre voiture de location pourra être garée sur le parking du Parc de la Savane à FDF,  en face de la bibliothèque Schœlcher, tout près d’une imposante statue  de marbre qui  représente Joséphine. Elle a été inaugurée le 29 août 1859  et mesure 5 mètres de haut, elle  a trôné ainsi plus d'un siècle au centre du Parc avant d'être reléguée dans un de ses recoins sur ordre du maire Aimé Césaire en 1974, car décriée depuis les années 1970.

 

       
   
 


Statue à son emplacement d'origine                 En détail et entière

Certains martiniquais n'oublient  pas que la statue érigée sur la Place de la Savane a été décapitée  la première fois en 1991  (certaines personnes la nomme « têt coupé »), façon  guillotine et maculée de peinture rouge sur la poitrine représentant le sang, rappelant le sort auquel l'impératrice avait échappé de justesse au cours de la révolution. Souvent restaurée, la mairie a capitulé depuis longtemps, devant les multiples récidives et laisse en l'état l'image de Joséphine,  peu aimée par cette partie des habitants. Il est question de la déplacer et la mettre au Domaine de la Pagerie. Elle est tout de même inscrite aux monuments historiques en 1992. Aujourd’hui des voix s'élèvent pour demander sa suppression.

 

 
 


                           Aujourd'hui

Pour conclure, replongeons-nous un peu sur certains faits historiques, en effet, d'une part, l'esclavagisme n’a jamais été aboli en Martinique en 1794. Joséphine n'avait donc que peu d'intérêt à le faire rétablir.

Le  16 février 1794 la domination militaire sur la Martinique par la couronne britannique est totale et l'esclavage est maintenu, sans que l'abolition décidée par la Convention le 04 février 1794 n'est pu rentrer en vigueur. L’Île redevient française en 1802, mais reprise en 1809 et restera sous l'emprise anglaise jusqu'en 1814 (qui maintient l'ancien régime esclavagiste),  où elle sera rétrocédée à la France.

Napoléon aurait pu maintenir le statu quo dans les colonies où l'esclavage avait été aboli. Il n'en fit rien. D'autre part, il peut être intéressant de noter que pour Napoléon, les femmes n'avaient aucun droit de parole à tout ce qui touchait à la politique, Joséphine n'avait donc aucune emprise sur lui. Ce sont donc des intérêts purement monétaires et des préjugés de couleur qui ont peut-être entraîné ce passage peu glorieux de l’Histoire.

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